
L'Horloge qui marchait à l'envers - Conte Moderne - Tome2
Avez-vous déjà dit des mots que vous regrettez encore aujourd'hui ? Des paroles blessantes dont le poids vous hante ? Un conte à écouter de jour comme de nuit, pour tous ceux qui portent la culpabilité d'un moment qu'ils voudraient effacer. C'est le deuxième d'une trilogie magique inspirée par l'Atelier du Temps, où Maître Chronos répare les instants brisés de nos vies. Henri y apporte une horloge qui tourne à l'envers et le poids de mots qu'il voudrait n'avoir jamais prononcés. Ce récit mêle fantastique et tendresse pour nous apprendre qu'on ne peut pas changer le passé, mais qu'on peut transformer nos regrets en actions qui guérissent l'avenir. Un voyage sur le pardon de soi et la rédemption.
Script
Bienvenue dans l'univers de l'atelier du temps.
Si c'est votre première visite,
Sachez que vous entrez dans un monde où la magie existe vraiment,
Dans une ruelle qui n'apparaît que lorsqu'on en a vraiment besoin.
Se cache un petit atelier poussiéreux tenu par Maître Cronos,
Un horloger pas comme les autres.
Car Cronos ne répare pas les montres cassées,
Il répare le temps lui-même.
Chaque personne qui pousse la porte de son atelier vient avec un moment de sa vie qu'elle voudrait changer,
Effacer ou réparer.
Et Cronos,
Avec ses lunettes magiques qui lui permettent de voir les félirs du temps,
Va l'aider à comprendre que parfois,
La vraie réparation ne vient pas d'un retour en arrière,
Mais d'un pas en avant.
Cette histoire peut s'écouter seule,
Mais elle fait partie d'une trilogie où chaque conte explore une blessure différente du cœur humain.
Aujourd'hui,
Nous rencontrons Henri,
Un homme hanté par des mots qu'il regrette d'avoir prononcé.
Trois semaines après la visite de Clara,
L'atelier du temps résonnait à nouveau de ses mille tic-tacs familiers.
Maître Cronos polissait le cadran d'une horloge de parquet quand la clochette de la porte retentit.
Cette fois,
C'était un homme d'une cinquantaine d'années qui entra,
Les épaules voûtées,
Par un point invisible.
Il portait un costume froissé et tenait dans ses mains une vieille horloge de cuisine,
Celle qu'on trouve dans toutes les maisons de campagne.
Mais celle-ci avait quelque chose d'étrange.
Ses aiguilles tournaient à l'envers.
« Monsieur Cronos ?
» demanda l'homme d'une voix rauque.
« Je m'appelle Henri Dubois.
Ma voisine Clara m'a dit que vous pourriez.
.
.
Que vous pourriez m'aider.
» Cronos ajusta ses lunettes irisées et observa le visiteur.
Immédiatement,
Il vit la fêlure,
Une blessure profonde,
Rouge de colère et noir de regret.
« Asseyez-vous,
Henri,
» dit-il désignant un vieux fauteuil de cuir,
« et racontez-moi ce qui ne va pas avec cette horloge.
» L'horloge continuait de tourner à l'envers,
Comme si elle cherchait désespérément à remonter le temps.
« Cette horloge était dans la cuisine de mon père.
Elle a toujours marché parfaitement jusqu'à.
.
.
Jusqu'au jour où je lui ai dit des choses terribles.
» Sa voix se brisa.
« C'était il y a deux ans.
Papa avait 78 ans et il commençait à.
.
.
Vous voyez,
À perdre un peu la tête.
Alzheimer,
Vous savez.
» Cronos hocha la tête en silence,
Laissant Henri continuer.
« Ce matin-là,
J'étais pressé.
Je devais partir en voyage d'affaires.
Papa m'avait préparé un petit déjeuner comme il le faisait lorsque j'étais enfant.
Mais il avait tout mélangé.
Du sel dans le café,
Du sucre sur les oeufs,
Du beurre dans les céréales.
» Il faisait mal physiquement.
« Au lieu d'en rire,
Au lieu de le remercier,
J'ai explosé,
Je lui ai dit qu'il était devenu inutile,
Qu'il ne savait plus rien faire,
Que j'en avais assez de m'occuper d'un vieil homme qui ne me reconnaissait même plus la moitié du temps.
» Des larmes coulaient maintenant sur ses joues.
« Je suis partie en claquant la porte et je suis rentrée trois jours plus tard.
Papa était parti d'une crise cardiaque.
Les voisins ont dit qu'il répétait sans arrêt.
Henri va rentrer,
Il faut que je lui prépare un bon petit déjeuner.
Et depuis ce jour,
L'horloge tourne à l'envers.
» Chronos prit l'horloge et l'examina sous sa loupe magique,
Les aiguilles scintillées d'une lumière sombre presque douloureuse à regarder.
« Vous voulez que je vous répare ce matin-là ?
C'est cela ?
Que je vous permette de retourner en arrière pour dire à votre père des mots d'amour au lieu des mots de colère ?
« Oui,
» chuchota Henri,
« je donnerai tout pour pouvoir effacer ces horribles paroles.
» Chronos se leva et emmena Henri vers une autre partie de l'atelier où se dressait une étrange horloge à coucou.
Mais au lieu d'un petit oiseau,
C'était un minuscule miroir qui sortait à chaque heure.
« Henri,
Regardez-vous dans ce miroir.
Mais attention,
Ce n'est pas un miroir ordinaire.
Il montre qui vous êtes vraiment.
» Henri hésita.
Puis il s'approcha.
Le miroir sortit de l'horloge avec un doux coucou et Henri vit son reflet.
Mais étrangement,
Il se vit plus jeune,
Beaucoup plus jeune.
Il avait peut-être huit ans et tenait la main d'un homme au visage bienveillant.
« Oh,
C'est papa !
Il m'a emmené au marché tous les dimanches,
» murmura Henri surpris.
« Il me laissait choisir les fruits pour la semaine et après on allait boire un chocolat chaud chez ma grand-mère.
» L'image dans le miroir changea.
Henri,
Adolescent,
Boudeur,
Qui refusait de parler à son père.
Puis Henri,
Adulte,
Qui rendait visite à ses parents une fois par mois,
Toujours pressé,
Toujours avec le téléphone à la main qui sonnait.
« Regardez bien,
» dit Cronos,
« qu'est-ce que vous voyez ?
» « Je vois un homme qui n'a jamais su dire à son père qu'il l'aimait,
Même avant sa maladie.
» « Et que voyez-vous d'autre ?
» Henri puissa les yeux.
Dans le miroir,
Il vit quelque chose qu'il n'avait jamais remarqué.
Dans chaque souvenir,
Son père le regardait avec une fierté immense.
Même quand Henri était désagréable,
Même quand il était absent,
Le regard de son père restait le même,
Plein d'amour inconditionnel.
« Oh mais,
Il était fier,
Il était fier de moi,
Même quand j'étais insupportable.
» « Exactement.
Maintenant,
Laissez-moi vous montrer autre chose.
» Cronos tourna les aiguilles de l'horloge à coucou.
Cette fois,
Le miroir montra l'avenir.
Henri dans dix ans,
Puis vingt ans,
Puis trente ans,
Toujours hanté par ce dernier matin,
Toujours en train de se punir,
Pour des mots prononcés dans un moment de fatigue et de stress.
« Voilà ce qui va arriver si vous ne vous pardonnez pas,
» expliqua doucement Cronos.
« Vous allez passer le reste de votre vie à tourner en arrière,
Comme cette horloge.
Vous allez gâcher tous vos lendemains,
À cause d'un hier qui ne peut plus être changé.
» Henri regarda l'horloge de cuisine qui continuait de tourner à l'envers sur l'établi.
« Mais comment faire ?
Comment vivre avec ces mots terribles que je lui ai dit ?
» Cronos sourit et prit une autre horloge,
Une petite horloge de voyage très simple.
« Henri,
Croyez-vous que votre père vous ait pardonné ?
» « Je.
.
.
Oui.
Papa pardonnait toujours tout.
» « Et croyez-vous qu'il aurait voulu que vous passiez votre vie à vous torturer ?
» « Oh non,
Non.
Il aurait voulu que je sois heureux.
» « Très bien.
Alors voici ce que nous allons faire.
Nous n'allons pas réparer le passé,
Henri,
Mais nous allons réparer l'avenir.
» Cronos prit l'horloge de cuisine et avec des gestes précis arrêta les aiguilles qui tournaient à l'envers,
Puis les remit dans le bon sens et les régla sur l'heure actuelle.
« Dorénavant,
Chaque fois que vous préparez un petit déjeuner pour vous,
Pour un ami ou pour un voisin,
Vous penserez à votre père.
Chaque fois que vous serez patient avec quelqu'un qui fait des erreurs,
Vous honorerez sa mémoire.
Et chaque fois que vous direz « Je t'aime » à quelqu'un,
Vous réparerez ce matin-là.
» Henri regarda l'horloge qui marchait maintenant normalement.
Elle sonnait doucement.
Un carillon doux et apaisant.
« Vous voulez dire que je peux transformer ma culpabilité en quelque chose de beau ?
» « Exactement.
Votre père vous a appris l'amour pendant des années.
Ce matin-là,
Vous avez oublié la leçon.
Mais vous pouvez passer le reste de votre vie à la remettre en pratique.
» Henri prit l'horloge dans ses mains.
Elle était chaude,
Rassurante.
Et pour la première fois depuis deux ans,
Il se sentit en paix.
« Il y a une maison de retraite près de chez moi,
Dit-il lentement.
Beaucoup de personnes âgées qui n'ont plus de famille.
Je pensais à ça.
Je pourrais leur rendre visite,
Leur tenir compagnie.
Eh bien voilà,
Sourit Cronos.
Voilà comment on répare l'avenir.
» Henri se dirigea vers la porte,
L'horloge contre son cœur.
Et avant de sortir,
Il se retourna.
« Une dernière chose,
Maître Cronos.
Est-ce que mon père.
.
.
Est-ce qu'il sait ?
» William ajusta ses lunettes et regarda Henri avec douceur.
« Les pères savent toujours,
Henri.
Ils savent que leurs enfants les aiment,
Même quand les mots disent le contraire.
Et ils savent aussi quand leurs enfants trouvent enfin la paix.
» Henri sortit dans la ruelle,
L'horloge marquant joyeusement le temps présent.
Et pour la première fois depuis la mort de son père,
Il avait hâte de voir demain arriver.
Car il avait compris que le plus beau moyen d'honorer ce qu'on aime,
C'est de vivre pleinement,
Avec bonté et patience,
Tous les jours qu'il nous reste.
La morale de cette histoire,
C'est qu'on ne peut pas changer le passé.
Mais on peut transformer nos regrets en actions positives pour l'avenir.
Le pardon de soi est le premier pas vers la guérison.
Si ce conte vous a plu,
Laissez-moi vos impressions,
Votre message,
Et je me ferai une joie de vous lire.
Abonnez-vous pour suivre le tome 3 à venir,
La pendule qui s'est arrêtée trop tôt.
Vous allez voir,
Une véritable pépite.
A très vite !
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