
Méditation Contemplative Des Mots d'Auteur (Épisode 1)
Ceci n'est pas une méditation ordinaire. Ni même une pratique de respiration consciente. C'est une lecture méditative de trois textes avec objectif la libération de l'émotivité face aux souvenirs. Vous reconnaîtrez, peut-être, Barbara "Mon enfance", Daniel Lavoie "Je savais pas" et Zazie "La place du vide". Un exercice singulier que, je l'espère, vous apprécierez...
Script
Bonjour.
Pour cette méditation qui n'en est pas vraiment une.
On peut être assis.
On peut être debout.
Et pourquoi pas allonger ?
Peu importe.
Il faut être.
Disponible Pas trop loin du sou.
Prêts à laisser les mots.
Les phrases.
Les périphrases.
Peut-être même l'émotivité prendre le contrôle.
Pour voyager.
Son bagage.
Pour se laisser bercer.
Sans nuage.
Par les sons.
Par les images.
Par les voyelles.
Les concernent.
Les hésitations et les tremblements.
Un voyage en musique.
Avec les mots des autres.
Trois textes.
Trois salles.
Trois ans plus longtemps.
Un seul chemin,
La voie.
Entre chaque texte.
Je vous laisserai un peu respirer.
Bon voyage !
Merci de votre présence.
J'ai eu tort.
Je suis revenu.
Dans cette ville au loin perdu.
Où j'ai passé mon enfance.
J'ai eu tort.
J'ai voulu revoir le coteau glisser le soir,
Bleu et gris,
Ombre de silence.
J'ai retrouvé comme avant.
Longtemps après.
Le coteau.
L'arbre se dressant comme au passé.
J'ai marché les tampes brûlantes.
Croyant étouffé sous mes pas.
Les voix du passé qui nous hantent et reviennent sonner le glas.
Et je me suis couché.
Sous l'arbre.
Et c'était les mêmes odeurs.
Et je les ai coulés mes pleurs.
J'ai mis mon dos nu à l'écorce.
L'arbre m'a redonné des forces.
Comme au temps de mon enfance.
Et longtemps j'ai fermé les yeux.
Je crois que j'ai prié un peu.
J'ai retrouvé mon innocence.
Avant que le soir ne se pose.
J'ai voulu voir la maison fleurir sous les roses J'ai voulu voir le jardin où nos cris d'enfants jaillissaient comme sources claires Jean-Claude,
Régine et Pigeon Tout redevenait comme hier.
Le parfum lourd des sauges rouges,
Les dahlias fauves dans la laie.
J'ai tout retrouvé hélas.
.
.
On est printemps.
Omnisoireille.
Oh mes folles années perdues.
.
.
Oh mes quinze ans,
Mes merveilles,
Que j'ai mal d'être revenu.
Oh,
Les noix fraîches de septembre et l'odeur des murs écrasés.
C'est foutu,
Comme j'ai tout retrouvé,
Hélas.
Il ne faut jamais en venir.
Autant cacher des souvenirs.
Du temps béni de son enfance.
Parmi tous les souvenirs.
Ceux de l'enfance sont les pires.
Ceux de l'enfance nous déchirent.
Ma très chère mère,
Oh ma mère.
Où êtes-vous donc aujourd'hui ?
Vous dormez au chaud de la terre et moi,
Moi je suis venu ici pour y retrouver votre rire,
Vos colères et votre jeunesse.
Et je reste seul avec ma détresse.
Pourquoi suis-je donc revenu ?
Seule.
Au détour de ces rues.
J'ai froid.
J'ai peur.
Le soir se penche.
Pourquoi suis-je venu ici ?
Mon passé me cruciait.
Ah bon ?
Spartais.
Je vous fais un bye-bye.
Comme on lance un sac dans une soute à bagages.
Un peu de courage et le lendemain,
J'étais déjà loin.
Si loin.
Je me voyais comme un imperméable.
J'ai laissé pleurer pour me sentir aimé.
Je reprenais mon sac et mon air de garde.
Un taxi dans la rue,
Je ne revenais plus.
Je ne pensais pas qu'un jour.
.
.
J'aimerais si fort.
Que rêver de partir serait ?
Comme rêver de mourir.
Je pensais pas qu'un jour j'aimerais si fort.
Que j'aimerais mieux mourir.
Parti roc.
J'ai quitté mes amours comme des livres de poche qu'on oublie sans regret sur un siège d'autobus.
Et sans arrière-pensée,
Je partais au loin.
Je me voyais comme un train,
Comme un train à vapeur dans la nuit.
Bien joué.
J'ai pas su ce qu'il se passait.
J'avais envie de partir mais je restais.
J'avais bourranté les Halles de Terminus.
J'arrivais plus à prendre l'autobus.
Je pensais pas qu'un jour j'aimerais si fort.
Que rêver de partir serait comme rêver de mourir.
Je ne pensais pas qu'un jour.
.
.
J'aimerais si fort.
Que j'aimerais mieux mourir.
Que de partir encore.
Qu'un jour.
Nos corps en manque d'alcool viennent se déposer sur le sol.
Comme ils sont beaux les rêves d'hier.
.
.
Oubliez-la.
Dans la poussière.
Sous un prétexte du temps qui passe.
On laisse le vent prendre leur place.
Ce n'est pas la faute des océans.
Si les hommes plongent leur rêve dedans.
À force de croire à l'invisible.
Souvent.
Les miens se trompent de cible.
C'est pas la faute des océans.
Si les hommes plongent leur rêve dedans.
La force de croire à l'invisible souffre.
Oh oui,
Souvent les miens se trompent de cible.
J'ai peur.
Des ciels sans horizon.
Que mes bras deviennent ta prison.
J'y pars que sur le cri des autres.
On écorne un peu trop le nôtre.
Acide.
Peut prendre l'espace du miel.
Et le monde change en rêve cruel.
N'oublie jamais les premières ailes.
Souviens-toi.
Du cou de sa peau.
Faudrait foutre des océans.
Si les hommes plongent leur rêve dedans.
À force de croire à l'invisible,
Souvent.
Les miens se trompent de cible.
J'ai peur.
Des ciels sans horizon.
Que mes bras deviennent ta prison.
J'ai peur que sur le cri des autres.
On écorne un peu trop le nôtre.
J'ai peur de ciel sans horizon.
Sensorisant.
Que mes bras deviennent la prison.
J'ai peur.
Le cri des autres.
Un peu trop le nôtre.
C'est pas la faute des océans.
Si les hommes plongent leur rêve dedans.
À force de croire à l'invisible,
Souvent,
Les miens se trompent de cible.
C'est la place du vide.
Bye bye !
Zazie ?
Daniel Lavoie en ordre dispersé trois textes ?
Trois ans Beyond.
Et finalement.
.
.
Un même chemin méditatif.
Signe 1 entre l'enfance.
Le passé.
Et l'hypothétique future.
Merci d'avoir suivi cette singulière méditation autour des mots des autres.
Ceux qui n'ont pas forcément été écrits,
Mais qui ont été dits en chanson par Barbara Zazie.
Et Daniel Lavoie.
Ces mots des autres que vous avez peut-être fait vôtres,
C'est une forme de méditation en soi,
Car où étiez-vous sinon dans le moment présent,
En les écoutant ?
Si vous avez apprécié,
J'en suis ravi.
Vous pouvez laisser quelques étoiles,
Un commentaire,
Un pouce levé.
Je vous remercie pour votre attention et je vous dis à la prochaine.
A très bientôt pour des méditations classiques.
Ou des méditations sur les maux des autres.
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