
Conte: Le Chant de l'Éveil de Patrick Fischmann
by Jyoti
Lecture du conte "Le chant de l'éveil" de Patrick Fischmann de son livre "Contes des sages gardiens de la terre". Laissez-vous porter par ce conte qui nous rappelle l'importance de se connecter à la nature et de se rappeler son caractère sacré.
Script
Je m'appelle Judy et aujourd'hui je vais vous lire le conte de Patrick Fishman,
Le chant de l'éveil,
Publié dans son livre Contes des sages,
Gardiens de la terre aux éditions Seuil.
Pour recevoir ce court conte,
Je vous conseille de vous installer confortablement.
Si vous décidez d'avoir une posture assise,
Assurez-vous que la hauteur de vos hanches est plus élevée que la hauteur de vos genoux.
Pour ce faire,
Vous pouvez vous asseoir sur un bloc,
Une brique,
Un tapis de yoga roulé,
Des serviettes roulées,
Un coussin un peu dur.
N'hésitez pas à également mettre des couvertures ou des serviettes roulées sous vos genoux afin de vous relâcher complètement.
Gardez la colonne vertébrale bien droite,
Rentrez légèrement le menton.
Vous pouvez aussi vous asseoir sur une chaise en vous assurant que la plante de vos pieds touche bien le sol afin de vous sentir ancré.
Et enfin,
Vous pouvez décider de vous allonger sur votre lit,
Fermer les yeux,
Observer votre respiration.
Remerciez-vous de prendre ce moment pour vous et souriez-vous à vous-même.
Ensemble,
Nous allons prendre trois respirations.
Nous allons inspirer par le nez et expirer par la bouche.
Inspirons par le nez et expirez par la bouche.
Une nouvelle fois,
Inspirez par le nez et expirez par la bouche.
Une dernière fois,
Tous ensemble,
On inspire par le nez et on expire par la bouche.
Fermez les yeux et laissez-vous porter par les mots de Patrick Fishman.
À force de vivre au milieu des biches et des bois,
Le vieux de la nature s'était changé en cerf.
Il avait gardé sa tête et sa barbe d'homme,
Sa coiffure de chêne.
Hommes,
Arbres et bêtes,
L'on finit toujours par ressembler à ceux que l'on aime.
Jeune,
Il avait trouvé la clairière,
Là où les animaux et les arbres tenaient leurs conseils.
C'était la première fois,
Depuis que le monde avait basculé,
Qu'un humain était admis dans le cercle des gardiens.
Il avait cheminé entre villes et forêts,
Essayé d'être pour les uns et les autres,
Civilisé et sauvage,
Le germe d'une nouvelle alliance.
Si les loups et si les cèdres l'aimaient,
Beaucoup d'hommes le tenaient pour un naïf qui tournait le dos au progrès.
Les sangliers lui avaient appris l'ancien langage.
Quand il s'adressait aux hommes,
Il avait dans sa voix le chant du merle et le bruissement de l'eau,
De l'ombre et des feuillages.
On y devinait le silence du ciel et des grottes,
La force pure de la lune et toutes ces choses qui finissent par faire peur à ceux qui se claquent mûrs dans leur maison.
Voyant la ville se rapprocher chaque jour,
La terre lacérée par des pattes d'acier,
Il avait fini par ne plus dépasser la lisière des mondes.
Il passait de longues heures à scruter les nuages pour déceler les agitations qui mangent la vie.
Il savait que beaucoup d'humains souffraient de voir la nature malmenée,
Mais leur façon de vivre était sans appel.
Tandis qu'il cherchait le moyen d'endiguer la peur et de réveiller le chant des hommes,
Ses pieds,
Ses mains,
Devorent sa peau,
Ses bras,
Ses jambes se couvrirent de peau,
Ses cheveux se firent brindis et branches.
Sa voix gonfla,
Sortie de la bouche des arbres et des rochers,
La voix des arbres et des pierres qui parlent.
La nature n'accuse pas l'homme,
Elle l'attend.
Ce jour-là,
Un grondement fit vibrer la dernière colline qui séparait les mondes.
Il avait redouté cet instant.
Celui où rien n'arrêterait les mangeurs de vie,
Ces frères humains qui broyaient les arbres et les nids,
Souillaient la mer et la montagne,
Fouillant la terre,
Jamais rassasiée,
Sans égard envers la vie sauvage et l'avenir de leurs enfants.
Il avait réfléchi à ce moment sans savoir quoi faire.
Pourtant,
Il vit clairement ce qu'il devait oser.
De la clairière,
Il appela longuement toutes les vies qui rampent,
Courent,
Poussent et volent.
Il ramena les sources,
Le vent,
Les fleurs,
Les vers et les rossignols.
Il exhorta le meilleur de l'homme,
Fit des élans magnifiques un long collier.
Sa plainte s'éleva.
Chacun l'entendit,
Qu'il fût sapin,
Écureuil,
Taupe,
Biche,
Enfant ou noisetier.
Un long murmure répondit.
Faible au début,
Il s'élargit,
Bourdonna,
Fit vibrer l'air de mélodies.
L'homme sert récolter tous les champs,
Ceux des arbres et des animaux,
Des fleurs et des amethystes,
Des sources,
Ceux des humains qui s'apaisent et rêvent.
Il en composa un bouquet,
Mélange harmonieux tissé de milliards de sons.
L'homme sert fit face aux envahisseurs.
Sa voix s'éleva,
Grave et douce,
Donnant à son chant des champs la puissance inouïe d'un comte.
Puis elle retomba en pluie sur les conducteurs des montures d'acier,
Les secouant fortement,
Bouleversant leur réalité.
Les moteurs des machines s'arrêtèrent.
Hommes,
Femmes et enfants descendirent des collines et des engins,
Stupéfiés.
Ils sortaient d'un long sommeil,
Découvraient la forêt,
Les oiseaux,
L'herbe et le ciel.
Ils s'éveillaient sans retenir leurs larmes ni leurs rires,
Délivrés.
Ils ajoutèrent leur voix.
Elles s'élevèrent des bouches assoiffées,
Effaçant les peurs,
Libérant des myriades de papillons.
Quand ils virent,
L'homme sert et des visages humains se dessinaient à la cime des arbres.
Leurs cheveux devinrent prindilles,
Leurs mains sabots,
Leurs bras des ailes.
Au loin,
Leurs maisons furent dénies,
Leurs villes s'ouvrirent aux étoiles.
Le concert avait brisé leur armure.
La forêt s'avança,
Bras et branches d'arbres et d'hommes s'étreignirent.
Renards,
Tilleuls,
Enfants jouaient déjà entre eux,
Formant des mots et créant des poèmes.
Ensemble,
Nous allons prendre de nouveau une grande inspiration.
On l'inspire par le nez et on expire profondément et lentement par la bouche.
Vous pouvez rester dans cette position et vous laisser bercer par les mots de Patrick Fishman.
J'espère que vous aurez apprécié cette lecture.
Je vous dis à bientôt et prenez soin de vous.
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4.5 (57)
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