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Conte Inuit - Les ours frères des hommes

by Lucile Deau

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Je vous propose un conte qui nous vient du Groenland, plus précisément des Inuits, dont le nom signifie les "hommes". Ce conte raconte une belle histoire entre un petit garçon nommé Uluksak et un ours qui va lui sauver la vie, je vous laisse découvrir ce voyage avec quelques effets sonores. * Peinture sur une écorce réalisée par mes soins.

Script

Voici un conte inuite,

Intitulé Frères des Hommes.

Cette année-là,

L'hiver avait été très long dans le Grand Nord,

Si long qu'au milieu du printemps,

La banquise n'avait pas encore commencé à fondre.

En attendant le dégel,

Qui leur permettait de chasser le phoque dont ils se nourrissaient,

Les hommes s'occupaient comme ils pouvaient.

Le jeune Houlouksak,

Lui,

S'ennuyait.

Alors un matin,

Il décida de partir seul sur la banquise.

L'air était plutôt doux,

Et avec un peu de chance,

Il arriverait à faire un trou dans la glace et à pêcher.

Quelle surprise ce serait pour son père s'il ramenait un gros poisson !

Il cacha tout ce qui lui fallait dans un baluchon,

Raconta à sa mère qu'il allait rendre visite à un ami,

Et se dirigea vers l'ouest.

Comme c'était beau !

Est-ce parce qu'il était seul ?

Houlouksak avait l'impression de contempler le spectacle qui l'entourait pour la première fois.

Sous ses pas,

La mer gelée déroulait son immense cité blanche,

Scintillant sous les rayons du soleil.

Et s'il n'avait pas eu les icebergs se découpant loin sur l'horizon,

On aurait pu croire que cet univers éclatant n'avait ni début ni fin.

Comme hypnotisé par tant de beauté,

Houlouksak avançait,

Oubliant jusqu'à son désir de pêcher.

Maintenant,

Il faisait presque chaud.

« Ça y est,

C'est le printemps pour de bon !

» pensa le garçon.

Soudain,

Un craquement se fit entendre,

Puis un autre,

Et encore un autre.

Houlouksak se rendit compte que tous ces bruits provenaient de l'endroit même où il se tenait.

Le morceau de glace sur lequel il marchait était tout simplement en train de se détacher du reste de la banquise.

Déjà une faille importante s'était formée,

Dans laquelle l'océan s'engouffrait.

Et il était trop tard pour que Houlouksak puisse sauter de l'autre côté sans risquer de se noyer.

Tremblant de peur,

Le garçon regarda la terre s'éloigner,

Sans pouvoir retenir ses larmes.

« Quel est-il de venir,

Voguant seul sur l'océan ?

» Il avait été stupide de mentir à sa mère.

Personne ne saurait maintenant le chercher.

Il resta ainsi prostré,

Un long moment ruminant de sombres pensées,

Jusqu'à ce que,

Derrière lui,

Un frottement attire son attention.

Houlouksak se retourna et découvrit avec épouvante qu'un ours blanc se hissait sur son radeau de glace.

Il laissa échapper un cri.

Aussitôt l'animal lui fit,

En agitant l'une de ses pattes,

Un geste d'apaisement.

« Je ne te veux pas de mal,

Me dit-il,

Je t'ai vu pleurer de loin,

Et je suis venue te consoler,

Regarde ce que je t'apporte !

» De son autre patte,

L'ours libéra alors un magnifique poisson qu'il fit glisser devant le garçon.

Eh bien lui,

Houlouksak n'osait s'en saisir,

De peur que l'ours blanc n'en profite pour l'attaquer.

« Que crains-tu ?

» lui demanda alors ce dernier,

« tu as peur de moi ?

Tu as tort,

Moi je te considère comme mon frère !

» Peu à peu,

Le jeune Esquimau s'apaisa.

Il avait faim et froid,

Et décida que le mieux était de manger ce qui lui était offert.

« Je vais passer la nuit avec toi »,

Déclara ensuite l'ours blanc,

« en te blottissant contre ma fourrure,

Tu prendras ma chaleur ».

A nouveau,

Le garçon se dit que,

S'il acceptait cette proposition,

Sa dernière heure était venue.

Mais ses membres engourdis ne lui laissèrent guère le choix.

Lorsqu'il s'endormit contre l'ours,

Un immense bien-être l'envahit.

Plusieurs jours s'écoulèrent de la sorte,

L'ours blanc nourrissait Houlouksak en pêchant pour lui et le maintenait en vie en le réchauffant la nuit.

C'est justement pendant qu'il était contre lui que le garçon découvrit,

Caché dans son épaisse fourrure,

Un collier fait d'une lanière de cuir et d'une dent douce.

« Comme c'est drôle »,

S'écria le jeune Inuit,

« tu portes un talisman destiné à te protéger comme ceux que possèdent les humains.

Où l'as-tu trouvé ?

» « Mais je ne sais pas »,

Répondit l'ours,

« je l'ai toujours eu à mon coup ».

« Tu ne trouves pas cela bizarre ?

D'ailleurs,

Comment connais-tu le langage des hommes ?

» « C'est pareil,

Je l'ai toujours connu.

» L'ours laissa passer un silence puis reprit.

« Maintenant que tu m'en parles,

Cela me rappelle ce que m'en racontait ma mère,

L'ours blanche.

Qu'est-ce qu'elle te disait ?

Que ce n'était pas une dent douce qui protégeait les petits hommes,

Ni même parfois leur propre maman.

Elle me regardait toujours d'un drôle d'air en disant cela,

Mais je ne l'ai jamais pu savoir ce que cela signifiait exactement.

» « Je ne vois pas moi non plus,

» déclara Aouloux-Xac,

Après avoir réfléchi un instant.

Le lendemain,

Après une tempête,

Les flots ramènent le petit iceberg vers la terre ferme.

Sur la côte,

On apercevait un village.

« Il faut profiter de cette chance,

» décida l'ours,

« je peux te porter sur mon dos jusque là.

Ensuite,

Tu retrouveras les tiens.

» Mais il avait l'air triste en disant cela,

Et Aouloux-Xac était triste aussi.

« Tu m'as sauvé la vie,

Et j'aimerais tant que les hommes de ma tribu te connaissent,

Mais hélas,

C'est trop risqué que tu viennes avec moi.

» « Tiens,

» répondit l'animal,

« prends mon talisman et montre-le leur.

Peut-être qu'ils comprendront ensuite que les ours et les humains sont frères.

» Quand le garçon montra le collier à ceux de son clan,

Une femme s'évanouit.

On mit cela sur le compte de l'émotion,

Car elle avait toujours été fragile.

Quand elle était plus jeune,

Elle avait eu un garçon,

Mais un jour,

Qu'elle était en promenade,

Elle avait raconté qu'il était mort et qu'elle l'avait enterré.

Cependant,

Elle n'avait jamais ramené son talisman.

Il y a Koulouksak qui comprit que le bébé en question n'était pas mort,

Mais qu'il avait été abandonné,

Puis élevé par une ours blanche à qui désormais il ressemblait.

Mais il ne dit rien à personne,

Qu'un ours lui ait sauvé l'existence suffisait pour que les siens considèrent à jamais cet animal comme un bienfaiteur pour leur espèce,

Un frère des hommes.

Une petite note est accompagnée avec ce conte,

Précisant que les Inuits ont toujours eu un profond respect pour les ours,

Dont ils admiraient la force et l'intelligence,

Ils prétendaient avoir un lien de parenté avec eux,

Ils auraient été des cousins,

Voire même des frères.

Ce conte nous vient du livre « 21 contes des origines de la terre » de Brigitte Taylor,

Aux éditions Flammarion Jeunesse.

4.7 (19)

Avis récents

Edward

February 26, 2024

Très joli conte. Merci.

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