
Le pouvoir du moment présent d'Eckhart Tolle (extrait)
1ère lecture du livre d'Eckart Tolle Le Pouvoir du Moment Présent. Un livre que je trouve très instructif et enrichissant qui m'a personnellement beaucoup aidé à prendre du recul sur mes pensées, sur mes émotions, sur les situations de vie qui sont parfois pas si faciles à vivre. Nos pensées sont là et nous embarquent parfois dans des émotions difficilement gérables. Après l'introduction d'Eckart Tolle dans laquelle il explique comment il en est arrivé là, il explique un peu comment notre mental fonctionne et finit, dans ce début de livre, par nous expliquer comment nous pouvons nous en libérer. Vous pouvez vous installez confortablement, peut être avec un casque audio pour vous sentir complètement immergé, pour écouter ce passage fort enrichissant. Très bonne écoute à vous.
Script
Le pouvoir de l'instant présent écarte tout,
Le passé ne met pas d'une grande utilité et j'y pense rarement.
Cependant,
J'aimerais vous raconter rapidement comment j'en suis venue à devenir un guide spirituel et comment ce livre a vu les jours.
Jusqu'à l'âge de 30 ans,
J'ai vécu dans un état presque continuel d'anxiété,
Ponctué de périodes de dépression suicidaire.
Aujourd'hui,
J'ai l'impression de parler d'une vie passée ou de la vie de quelqu'un d'autre.
Une nuit,
Peu après mon 29e anniversaire,
Je me réveillais aux petites heures avec une sensation de terreur absolue.
Il m'était souvent arrivé de sortir du sommeil en ayant une telle sensation,
Mais cette fois-ci,
C'était plus intense que cela ne l'avait jamais été.
Le silence nocturne,
Les contours estompés des meubles dans la pièce obscure,
Le bruit lointain d'un train,
Tout me semblait si étrange,
Si hostile et si totalement insignifiant que cela créa en moi un profond dégoût du monde.
Mais ce qui me répugnait le plus dans tout cela,
C'était ma propre existence.
A quoi bon continuer à vivre avec un tel fardeau de misère ?
Pourquoi poursuivre cette lutte ?
En moi,
Je sentais un profond désir de ne plus exister qui prenait largement le pas sur la pulsion instinctive de survivre.
Je ne veux plus vivre avec moi-même.
Cette pensée me revenait sans cesse à l'esprit.
Puis soudain,
Je réalisais à quel point elle était bizarre.
Suis-je un ou deux ?
Si je ne réussis pas à vivre avec moi-même,
C'est qu'il doit y avoir deux moi,
Le jeu et le moi,
Avec qui le jeu ne peut pas vivre.
Peut-être qu'un seul des deux est réel,
Pensais-je.
Cette prise de conscience étrange ne frappa tellement que mon esprit cessa de fonctionner.
J'étais totalement conscient,
Mais il n'y avait plus aucune pensée dans ma tête.
Puis,
Je me sentis aspiré par ce qui me semblait être un vortex d'énergie.
Au début,
Le mouvement était lent,
Puis il s'accéléra.
Une peur intense me saisit et mon corps se mit à trembler.
J'entendis les mots.
Ils ne résistaient à rien,
Comme s'ils étaient prononcés dans ma poitrine.
Je me sentis aspiré par le vide.
J'avais l'impression que ce vide était en moi plutôt qu'à l'extérieur.
Soudain,
Toute peur s'évanouit et je me laissais tomber dans ce vide.
Je n'ai aucun souvenir de ce qui se passa par la suite.
Puis,
Les pépiments d'un oiseau devant la fenêtre me réveillèrent.
Je n'avais jamais entendu un tel son auparavant.
Derrière mes paupières encore closes,
Ce son prit la forme d'un précieux diamant.
Oui,
Si un diamant pouvait émettre un son,
C'est ce à quoi il ressemblerait.
J'ouvris les yeux.
Les premières lueurs de l'aube fusaient à travers les rideaux.
Sans l'intermédiaire d'aucune pensée,
Je sentis,
Je sus que la lumière est infiniment plus que ce que nous réalisons.
Cette douce luminosité filtrée par les rideaux était l'amour lui-même.
Les larmes me montèrent aux yeux.
Je me levai et me mis à marcher dans la pièce.
Je la reconnus et pourtant,
Je sus que je ne l'avais jamais vraiment vue auparavant.
Tout était frais et comme neuf,
Un peu comme si tout venait d'être mis au monde.
Je ramassai quelques objets,
Un crayon,
Une bouteille vide et m'émerveillais devant la beauté et la vitalité de tout ce qui se trouvait autour de moi.
Ce jour-là,
Je déambulais dans la ville,
Totalement fascinée par le miracle de la vie sur terre,
Comme si je venais de venir au monde.
Pendant les cinq mois qui suivirent,
Je vécus sans interruption dans une grande béatitude et une paix profonde.
Par la suite,
Cela diminua d'intensité ou telle fut mon impression peut-être,
Parce que cet état-là m'était devenu naturel.
Je voulais encore fonctionner dans le monde même si je réalisais que rien de ce que je faisais n'aurait pu ajouter quoi que ce soit à ce que j'avais déjà.
Bien entendu,
Je savais que quelque chose de profondément significatif m'était arrivé,
Sans toutefois comprendre de quoi il s'agissait.
Ce ne fut que plusieurs années plus tard,
Après avoir lu des textes sur la spiritualité et passé du temps avec des maîtres spirituels,
Que je compris qu'il m'était arrivé à moi tout ce que le monde cherchait.
Je compris que l'intense oppression occasionnée par la souffrance cette nuit-là devait avoir forcé ma conscience à se désengager de son identification au moi malheureux et plein de peur profonde,
Qui en fin de compte n'était qu'une fiction.
Ce désengagement avait dû être si total que ce faux moi souffrant s'effondra immédiatement,
Comme un ballon qui se dégonfle quand on enlève le bouchon.
Tout ce qui restait,
C'était ma véritable nature,
L'éternel je suis,
La conscience dans son état vierge avant l'identification à la forme.
Plus tard,
J'appris également à retourner en moi,
Dans ce royaume intemporel et immortel que j'avais au début perçu comme un vide,
Tout en restant pleinement conscient.
J'ai connu des états de béatitude et de grâce tels qu'il est difficile de les décrire,
Et qu'ils éclipsent même la première expérience que je viens de décrire.
Il fut un temps,
Pendant une certaine période,
Où il ne me reste à plus rien sur le plan concret,
Pas de relation,
Pas d'emploi,
Aucune identité sociale,
Je passais presque deux ans assis sur les bancs de parc dans un état de joie la plus intense qui soit.
Mais même les plus belles expériences ont une fin,
Il y a peut-être quelque chose de plus important que n'importe quelle expérience,
Et c'est la paix sous-jacente qui ne m'a jamais quittée depuis ce jour-là.
Elle est parfois très puissante,
Presque palpable,
Et les autres peuvent la sentir aussi.
A d'autres moments,
Elle est plus en arrière-plan,
Semblable à une mélodie de fond.
Plus tard,
Les gens sont venus me voir à l'occasion en me disant « Je veux arriver à la même chose que vous,
Pouvez-vous m'y amener ou me montrer comment faire ?
» Et je leur répondais « Mais vous y êtes déjà,
Vous ne pouvez pas le sentir,
Parce que votre mental fait trop de bruit ».
Cette réponse élabora et devint plus tard le livre que vous teniez entre les mains.
En un rien de temps,
Je me retrouvais de nouveau avec une identité,
J'étais devenue un enseignant spirituel.
Ce livre constitue l'essence de mon travail,
Pour autant qu'il soit possible de le transmettre avec des mots,
Que j'ai partagé avec des particuliers et des petits groupes de chercheurs de la spiritualité,
En Europe et en Amérique du Nord depuis dix ans.
Avec tout mon amour et toute mon appréciation,
J'aimerais remercier ces gens pour leur courage exceptionnel,
Leur disposition à accepter le changement intérieur,
Leurs questions pleines de défis et leur promptitude à écouter.
Ce livre n'aurait pas vu le jour sans eux,
Ces personnes appartiennent à une minorité infime,
Mais fort heureusement croissante de pionniers du domaine de la spiritualité.
Elles sont arrivées au point où elles ont pu se défaire des conditionnements mentaux collectifs qui font partie de l'héritage des humains et qui depuis toujours maintiennent ces derniers dans la souffrance.
Je suis confiante que ce livre arrivera jusqu'à ceux qui sont prêts à connaître une transformation aussi radicale et qu'il jouera pour eux un rôle de catalyseur.
J'espère aussi qu'il tombera dans les mains de nombreux autres lecteurs qui trouveront son contenu digne d'intérêt,
Même s'ils ne sont pas encore prêts à vivre et à pratiquer totalement ce qu'ils préconisent.
Il est possible que plus tard,
La graine qui aura été semée à la lecture de ce livre rencontre la semence d'illumination que chaque être humain porte en lui et que soudain elle germe et se mette à pousser en lui.
Vous n'êtes pas votre mental.
L'illumination,
C'est quoi ?
Un mendiant était assis sur le bord d'un chemin depuis plus de trente ans.
Un jour,
Un étranger passa devant lui.
« Vous avez quelques pièces de monnaie pour moi ?
» marmota le mendiant en tendant sa vieille casquette de baseball d'un geste automatique.
« Je n'ai rien à vous donner,
» répondit l'étranger qui le demanda par la suite.
« Sur quoi êtes-vous assis ?
» « Sur rien,
» répondit le mendiant,
« juste une vieille caisse.
Elle me sert de siège depuis aussi longtemps que je puisse m'en souvenir.
Avez-vous jamais regardé ce qu'il y avait dedans ?
» demanda l'étranger.
« Non,
» répliqua le mendiant.
« Pour quelles raisons ?
» « Il n'y a rien.
» « Jetez-y donc un coup d'œil,
» insista l'étranger.
Le mendiant réussit à ouvrir le couvercle en le forçant.
Avec étonnement,
Incrédulité et le cœur rempli d'allégresse,
Il constata que la caisse était pleine d'or.
« Je suis moi-même cet étranger qui n'a rien à vous donner et qui vous dit de regarder à l'intérieur.
Non pas à l'intérieur d'une caisse,
Comme dans cette parabole,
Mais dans un lieu encore plus proche de vous,
En vous-même.
Mais je ne suis pas un mendiant,
Puis-je déjà vous entendre rétorquer.
Ceux qui n'ont pas trouvé leur véritable richesse,
C'est-à-dire la joie radieuse de l'être et la paix profonde et inébranlable qui l'accompagnent,
Sont des mendiants,
Même s'ils sont très riches sur le plan matériel.
Ils se tournent vers l'extérieur pour récolter quelques miettes de plaisir et de satisfaction,
Pour se sentir confirmés,
Sécurisés ou aimés.
Alors qu'ils abritent en eux un trésor qui non seulement recèle toutes ces choses,
Mais qui est aussi infiniment plus grandiose que n'importe quoi que le monde puisse leur offrir.
Le terme « illumination » évoque l'idée d'un accomplissement surhumain,
Et l'ego aime s'en tenir à cela.
Mais l'illumination est tout simplement votre état naturel,
La sensation de ne faire qu'un avec l'être.
C'est un état de fusion avec quelque chose de démesuré et d'indestructible.
Quelque chose qui,
Presque paradoxalement,
Est essentiellement vous,
Mais pourtant beaucoup plus vaste que vous.
L'illumination,
C'est trouver votre vraie nature,
Au-delà de tout nom et de toute forme.
Votre incapacité à ressentir cette fusion fait naître l'illusion de la division,
La division face à vous-même et au monde environnant.
C'est pour cela que vous vous percevez,
Consciemment ou non,
Comme un fragment isolé.
La peur survient et le conflit devient la norme,
Aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.
J'affectionne la définition simple que donne Gautama,
Le Bouddha de l'illumination.
Il affirme que c'est la fin de la souffrance.
Cela n'a rien de surhumain,
N'est-ce pas ?
Bien sûr,
Comme tel,
Cette définition est incomplète,
Car elle exprime seulement ce que l'illumination n'est pas,
C'est-à-dire qu'elle n'est pas souffrance.
Mais que reste-t-il quand il n'y a plus de souffrance ?
Bouddha garde le silence là-dessus,
Et son silence sous-entend que c'est à vous de le découvrir.
Il retient une définition par la négative,
Afin que le mental ne puisse pas en faire une croyance ou un accomplissement surhumain,
Un objectif,
Qu'il vous soit impossible à atteindre.
Malgré cette précaution de la part de Bouddha,
La majorité des bouddhistes croient encore que l'illumination est l'apanage de Bouddha et non le leur.
Du moins,
Pas dans cette vicie.
Vous avez employé le terme « être ».
Pouvez-vous en expliquer la signification ?
L'être est LA vie éternelle,
Et omniprésente,
Qui existe au-delà des myriades de formes de vie assujetties au cycle de la naissance et de la mort.
L'être n'existe cependant pas seulement au-delà,
Mais aussi au cœur de toute forme.
Il constitue l'essence invisible et indestructible la plus profonde.
En d'autres termes,
L'être vous est accessible immédiatement et représente votre moi le plus profond,
Votre véritable nature.
Mais ne cherchez pas à le saisir avec votre mental,
Ni à le comprendre.
Vous pouvez l'appréhender seulement lorsque votre mental s'étudie.
Quand vous êtes présent,
Quand votre attention est totalement et intensément dans le présent,
Vous pouvez sentir l'être.
Mais vous ne pouvez jamais le comprendre mentalement.
Vous devez retrouver cette présence à l'être et se maintenir dans cet état de sensation de réalisation.
C'est cela,
L'illumination.
Lorsque vous utilisez le terme être,
Faites-vous référence à Dieu ?
Si oui,
Pourquoi n'employez-vous pas le terme Dieu ?
Le mot Dieu s'est vidé de son sens,
Car on en a abusé pendant des millénaires.
Je l'emploie parfois,
Mais avec parcimonie.
Quand j'affirme que le terme est galvaudé,
Je veux dire que certains gens,
Qui n'ont jamais ne serait-ce qu'entrevu le sacré,
Ni même jamais eu le moindre aperçu de l'infinie vastitude que le mot abrite,
Recourent à ce terme avec une grande conviction,
Comme s'ils savaient de quoi il parle,
Ou bien que d'autres personnes le rejettent,
Comme si elles savaient ce qu'elle dit.
Cet abus d'emploi a donné naissance par l'ego à d'absurdes croyances,
Affirmations et illusions du genre.
Mon ou notre Dieu est le seul Dieu véritable et votre Dieu est faux.
Ou encore,
Comme le célèbre énoncé de Nietzsche,
Dieu est mort.
Le mot Dieu est devenu un concept fermé.
Dès qu'il est prononcé,
Une image mentale se crée,
Qui n'est peut-être plus celle d'un vieux patriarche à la barbe blanche,
Mais qui reste encore et toujours une représentation mentale de quelqu'un,
Ou de quelque chose qui se trouve en dehors de vous,
Qui plus est,
Inévitablement du genre masculin.
Ni le terme Dieu,
Ni être,
Ni quelque autre expression que ce soit ne peut définir ou expliquer l'ineffable réalité qui abrite le mot en question.
En fait,
La seule question importante à se poser est la suivante.
Ce mot vous aide-t-il ou vous empêche-t-il de faire l'expérience de ce qu'il désigne ?
Fait-il référence à cette réalité transcendantale qui existe au-delà de lui-même,
Ou s'emploie-t-il à tort et à travers pour ne devenir rien de plus qu'une idée à laquelle votre tête peut croire,
Qu'une idole mentale ?
A l'instar du terme Dieu,
Le mot être n'explique rien.
Par contre,
Il a l'avantage d'être un concept ouvert.
Il ne réduit pas l'infini invisible à une entité finie,
Et il est impossible de s'en faire une image mentale.
Personne ne peut se déclarer être l'unique détenteur de l'être,
Car il s'agit de votre essence même,
Et que celle-ci vous est accessible immédiatement sous la forme de la sensation de votre propre présence,
De la réalisation de ce « je suis » qui précède le « je suis ceci ou cela ».
Le pas à franchir entre le terme être et l'expérience d'être est donc plus petit.
Qu'est-ce qui nous empêche le plus de connaître cette réalité ?
C'est l'identification mentale,
Car celle-ci amène la pensée à devenir compulsive.
L'incapacité à s'arrêter de penser est une épouvantable affliction.
Nous ne nous en rendons pas compte parce que presque tout le monde en est atteint.
Nous en venons à la considérer comme normale.
Cet incessant bruit mental vous empêche de trouver ce royaume de calme intérieur qui est indissociable de l'être.
Ce bruit crée également un faux « moi » irrigé par l'ego qui projette une ombre de peur et de souffrance sur tout.
Nous reviendrons plus tard en détail sur tout cela.
Le philosophe français Descartes a cru avoir découvert la vérité la plus fondamentale quand il fit sa célèbre déclaration « je pense,
Donc je suis ».
Il venait en fait de formuler l'erreur la plus fondamentale,
Celle d'assimiler la pensée à l'être et l'identité à la pensée.
Pensée est devenue une maladie et celle-ci survient quand les choses sont déséquilibrées.
Le mental est un magnifique outil si l'on s'en sert à bon escient.
Dans le cas contraire,
Il devient très destructeur.
Plus précisément,
Ce n'est pas tant que vous utilisez mal votre mental,
C'est plutôt qu'en général,
Vous ne vous en servez pas du tout,
Car c'est lui qui se sert de vous.
Et c'est cela la maladie.
Puisque vous croyez être votre mental,
C'est cela l'illusion.
L'outil a pris possession de vous.
Je ne suis pas tout à fait d'accord.
C'est vrai que mes pensées sont souvent sans objet,
Comme chez la plupart des gens,
Mais je peux encore décider d'utiliser mon mental pour acquérir ou accomplir des choses.
C'est ce que je fais tout le temps.
Ce n'est pas parce que vous réussissez à terminer un jeu de mots croisés ou à fabriquer une bombe atomique que vous savez où servir de votre mental.
Ce dernier aime se faire les dents sur des problèmes comme les chiens le font avec les autres.
Voilà pourquoi il fait des mots croisés et invente des bombes atomiques.
Alors que vous,
L'être,
Ne portez intérêt ni à l'un ni à l'autre,
Laissez-moi vous poser les questions suivantes.
Pouvez-vous vous libérer du mental quand vous le voulez ?
Avez-vous réussi à trouver l'interrupteur qui le met hors circuit ?
Voulez-vous dire arrêter complètement de penser ?
Non,
Je ne réussis pas,
Sauf pour un instant ou deux.
Dans ce cas,
Le mental se sert de vous et vous êtes inconsciemment identifié à lui.
Par conséquent,
Vous ne savez même pas que vous êtes son esclave.
C'est un peu comme si vous étiez possédé sans le savoir et que vous preniez l'entité qui vous possède pour vous.
La liberté commence quand vous prenez conscience que vous n'êtes pas cette entité,
C'est-à-dire le penseur.
En sachant cela,
Vous pouvez alors surveiller cette entité.
Dès l'instant où vous vous mettez à observer le penseur,
Un niveau plus élevé de conscience est activé et vous comprenez petit à petit qu'il existe un immense royaume d'intelligence au-delà de la pensée et que celle-ci ne constitue qu'un infime aspect de cette intelligence.
Vous réalisez aussi que toutes les choses vraiment importantes,
La beauté,
L'amour,
La créativité,
La joie,
La paix,
Trouvent leur source au-delà du mental et vous commencez alors à vous éveiller.
Comment se libérer du mental ?
Qu'entendez-vous exactement par observer le penseur ?
Lorsque quelqu'un va chez le médecin et lui dit qu'il entend des voix,
Celui-ci l'enverra fort probablement consulter un psychiatre.
Le fait est que,
De façon très similaire,
Presque tout le monde entend en permanence une ou plusieurs voix dans sa tête et qu'il s'agit du phénomène involontaire de la pensée que vous ne réalisez pas avoir le pouvoir d'arrêter.
Ce ne sont que monologues ou dialogues continuels.
Il vous est certainement déjà arrivé de croiser dans la rue des démons qui parlent sans arrêt tout haut ou tout bas.
En réalité,
Ce n'est pas très différent de ce que vous et tous les gens normaux faites,
Sauf que vous le faites en silence.
La voix passe des commentaires,
Fait des spéculations,
Émet des jugements,
Compare,
Se plaint,
Aime,
N'aime pas et ainsi de suite.
Ce que cette voix énonce ne correspond pas automatiquement à la situation dans laquelle vous vous trouvez dans le moment.
Elle ravive peut-être un passé proche ou lointain,
Ou bien alors imagine et rejoue d'éventuelles situations futures.
Dans ces moments-là,
La voix imagine souvent que les choses tournent mal et envisage des résultats négatifs.
C'est ce que l'on appelle l'inquiétude.
Cette bande sonore s'accompagne parfois d'images visuelles ou de films mentaux et même si ce que la voix dit correspond à la situation du moment,
Elle l'interprétera en fonction du passé.
Pourquoi ?
Parce que cette voix appartient au conditionnement mental qui est le fruit de toute votre histoire personnelle et celui de l'état d'esprit collectif et culturel dont vous avez hérité.
Ainsi,
Vous voyez et jugez dorénavant le présent avec les yeux du passé,
Et vous en avez une vision totalement déformée.
Il est fréquent que chez une personne,
Cette voix intérieure soit son pire ennemi.
Nombreux sont les gens qui vivent avec un bourreau dans leur tête qui les attaquent et les punissent sans cesse,
Leur siphonnant ainsi leur énergie vitale.
Ce tirant est à l'origine des innombrables tourments et malheurs ainsi que de toutes maladies.
Mais la bonne nouvelle dans tout cela,
C'est que vous pouvez effectivement vous libérer du mental.
Et c'est là la seule véritable libération.
Vous pouvez même commencer dès maintenant.
Écoutez aussi souvent que possible cette voix.
Prêtez particulièrement attention au schéma de pensée répétitif,
À ces vieux disques qui jouent et rejouent les mêmes chansons peut-être depuis des années.
C'est ce que j'entends quand je vous suggère d'observer le penseur.
C'est une autre façon de vous dire d'écouter cette voix dans votre tête,
D'être la présence qui joue le rôle du témoin.
Lorsque vous écoutez cette voix,
Faites-le objectivement,
C'est-à-dire sans juger.
Ne condamnez pas ce que vous entendez car si vous le faites,
Cela signifie que cette même voix est revenue par la porte de service.
Vous prendrez bientôt conscience qu'il y a la voix et qu'il y a quelqu'un qui l'écoute et qui l'observe.
Cette prise de conscience que quelqu'un surveille,
Ce sens de votre propre présence,
N'est pas une pensée.
Cette réalisation trouve son origine au-delà du mental.
Ainsi,
Quand vous observez une pensée,
Vous êtes non seulement conscient de celle-ci,
Mais aussi de vous-même en tant que témoin de la pensée.
À ce moment-là,
Une nouvelle dimension entre en jeu.
Pendant que vous observez cette pensée,
Vous sentez pour ainsi dire une présence,
Votre moi profond,
Derrière elle ou sous elle.
Elle perd alors son pouvoir sur vous et bat rapidement en retraite du fait que,
En ne vous identifiant plus à elle,
Vous n'alimentez plus le mental.
Ceci est le début de la fin de la pensée involontaire et compulsive.
Lorsqu'une pensée s'efface,
Il se produit une discontinuité dans le flux mental,
Un intervalle de non-mental.
Au début,
Ces hiatus seront courts,
Peut-être de quelques secondes,
Mais ils deviendront peu à peu de plus en plus longs.
Lorsque ces décalages dans la pensée se produisent,
Vous ressentez un certain calme et une certaine paix.
C'est le début de votre état naturel de fusion conscience avec l'être,
Qui est généralement obscurci par le mental.
Avec le temps et l'expérience,
La sensation de calme et de paix s'approfondira et se poursuivra ainsi sans fin.
Vous sentirez également une joie délicate émaner du plus profond de vous,
Celle de l'être.
Il ne s'agit pas du tout d'un état de trance,
Car il n'y a aucune perte de conscience.
Bien au contraire,
Si la paix devait se payer par une réduction de la conscience et le calme par un manque de vitalité et de vigilance,
Elle n'en vaudrait pas la peine.
Dans cet état d'unité avec l'être,
Vous êtes beaucoup plus alerte,
Beaucoup plus éveillée que dans l'état d'identification au mental.
Vous êtes en fait totalement présent et cette condition élève les fréquences vibratoires du champ énergétique qui transmet la vie au corps physique.
Lorsque vous pénétrez de plus en plus profondément dans cet état de vide mental ou de non mental,
Comme on le nomme parfois un orient,
Vous atteignez la conscience pure.
Et dans cette situation,
Vous ressentez votre propre présence avec une intensité et une joie telles que toute pensée,
Toute émotion,
Votre corps physique ainsi que le monde extérieur deviennent relativement insignifiants en comparaison.
Cependant,
Il ne s'agit pas d'un état d'égoïsme,
Mais plutôt d'un état d'absence d'ego.
Vous êtes transporté au-delà de ce que vous preniez auparavant pour votre moi.
Cette présence est vous en essence,
Mais c'est en même temps quelque chose d'inconcevable,
Plus vaste que vous.
Ce que j'essaie de transmettre dans cette explication peut sembler paradoxal ou même contradictoire,
Mais je ne peux l'exprimer d'aucune autre façon.
Au lieu d'observer le penseur,
Vous pouvez également créer un hiatus dans le mental en reportant simplement toute votre attention sur le moment présent.
Devenez juste intensément conscient de cet instant.
Vous en tirerez une profonde satisfaction.
De cette façon,
Vous écartez la conscience de l'activité mentale et créez un vide mental où vous devenez extrêmement vigilant et conscient,
Mais où vous ne pensez pas.
Ceci est l'essence même de la méditation.
Dans votre quotidien,
Vous pouvez vous y exercer durant n'importe quelle activité routinière qui n'est normalement qu'un moyen d'arriver à une fin,
En lui accordant votre totale attention afin qu'elle devienne une fin en soi.
Par exemple,
Chaque fois que vous montez ou descendez chez vous ou au travail,
Portez votre attention à chacune des marches,
À chaque mouvement,
Même à votre respiration.
Soyez totalement présent,
Ou bien,
Lorsque vous lavez les mains,
Prenez plaisir à toutes les perceptions sensuelles qui accompagnent ce geste.
Le bruit et la sensation de l'eau sur la peau,
Le mouvement de vos mains,
L'odeur du savon,
Ainsi de suite.
Ou bien encore,
Une fois montée dans votre voiture et la portière fermée,
Faites une pause de quelques secondes pour observer le mouvement de votre respiration,
Remarquez la silencieuse mais puissante sensation de présence qui se manifeste en vous,
Un critère certain vous permet d'évaluer si vous réussissez ou non dans cette entreprise,
Le degré de paix que vous ressentez alors intérieurement.
Ainsi,
Le seul pas crucial à faire dans le périple qui conduit à l'éveil est d'apprendre à se dissocier du mental.
Chaque fois que vous créez une discontinuité dans le courant des pensées,
La lumière de la conscience s'intensifie.
Il se peut même que vous vous surpreniez un jour à sourire en entendant la voix qui parle dans votre tête,
Comme vous souririez devant l'épitrerie d'un enfant.
Ceci veut dire que vous ne prenez plus autant au sérieux le contenu de votre mental et que le sens que vous avez de votre voix n'en dépend pas.
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