
Ajahn Chah, Vision pénétrante - Respiration (version longue)
Ajahn Chah nous propose dans cette méditation, lue et dirigée par Jeanne Schut, de réaliser dans un premier temps un balayage du corps, puis d'utiliser le mantra bouddho - ce qui sait en nous - pour éveiller l'attention et la vision pénétrante dans la respiration.
Script
Pour méditer,
Vous devez fermement décider que le moment est venu d'entraîner votre esprit et ne pensez à rien d'autre.
Asseyez-vous en posant le pied droit sur la jambe gauche et en tenant le dos bien droit.
Les mains sont posées l'une sur l'autre,
La main droite sur la main gauche,
Devant vous.
Ne vous penchez pas trop en avant ni en arrière,
Maintenez une posture équilibrée,
Juste comme il faut,
Comme la statue du Bouddha.
Ceci permettra à votre esprit d'être clair et lumineux.
Posez votre attention au sommet de la tête et déplacez-la à travers le corps,
Jusqu'au bout des pieds.
Conscience de la tête,
Du cou,
Des épaules,
Le long des bras jusqu'aux mains.
Conscience du torse,
Du dos,
Conscience du bas du corps,
La jonction avec les jambes,
Les jambes,
Les pieds,
Jusqu'au bout des pieds.
Et puis remontez de la même manière jusqu'au sommet de la tête.
Votre attention glisse à travers le corps en observant tout avec sagesse.
Cela permet d'avoir un début de compréhension de ce qu'est le corps.
Commencez la méditation en vous souvenant que tout ce que vous avez à faire,
C'est d'observer l'inspiration et l'expiration.
Posez votre attention là où la respiration est le plus clairement perceptible.
Et puis observez l'inspiration tout au long de son déploiement,
Jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement dans l'abdomen.
Quand l'inspiration est terminée,
Laissez l'air sortir par le nez jusqu'à ce que les poumons se vident,
Mais sans forcer.
Il n'est pas important que la respiration soit profonde,
Superficielle ou légère,
Il suffit qu'elle soit confortable pour vous.
Vous observez l'inspiration et l'expiration et vous vous détendez dans cette observation.
Laissez le souffle aller et venir régulièrement,
En lâchant prise à chaque inspiration,
En lâchant prise à chaque expiration.
Vous lâchez prise,
Mais il doit y avoir une présence consciente.
Vous devez maintenir cette présence tout en laissant le souffle entrer et sortir à son aise.
Souvenez-vous qu'à cet instant précis,
Vous n'avez aucun autre devoir,
Aucune autre responsabilité.
Inspirez et expirez simplement,
Ne vous intéressez à rien d'autre.
Vous pouvez ajouter le mantra BUDDHO à votre pratique.
Le mot BUDDHO représente l'attention et la sagesse du Bouddha.
BUDDH sur l'inspiration et THO sur l'expiration.
BUDDHO Jusqu'à ce que le sens de ce mot pénètre le cœur de votre conscience.
Dans votre pratique,
Vous devez vous appuyer sur ce mot plus que sur toute autre chose.
L'attention ainsi éveillée vous conduira à la compréhension de la nature de votre esprit.
C'est un véritable refuge.
La répétition de ce mot éveille aussi bien l'attention que la vision pénétrante.
BUDDHO Quand vous concentrez consciemment votre esprit sur un objet,
Cette attention le maintient éveillé.
Une fois qu'une certaine prise de conscience a émergé par le biais de la méditation,
Vous pouvez contempler clairement votre esprit.
Mais tant qu'il reste privé de la conscience de BUDDHO,
Même si l'attention ordinaire est présente,
Il est comme endormi et privé de vision pénétrante.
Il ne vous conduira nulle part.
Sati,
La vigilance,
Dépend de la présence de BUDDHO,
La connaissance.
Cette connaissance doit être limpide et apporter de plus en plus de clarté et de luminosité à l'esprit.
BUDDHO Restez près de votre souffle de cette manière jusqu'à vraiment être conscient de l'inspiration et conscient de l'expiration.
Conscient de l'inspiration,
BUDDHO.
Conscient de l'expiration,
DHO.
Soyez attentifs comme cela jusqu'à ce que l'esprit soit paisible,
Sans irritation,
Sans agitation.
Il n'y a que l'air qui entre et qui sort.
Si l'esprit est touché par un contact sensoriel,
Un son,
Une odeur ou un ressenti quelconque,
Laissez passer la sensation,
Qu'elle soit agréable ou désagréable,
Importe peu.
Laissez-la simplement passer et ramenez votre attention à la respiration.
Conscient de l'inspiration,
Conscient de l'expiration.
Maintenez la conscience du souffle qui entre et sort.
Observez-le simplement,
Sans essayer de le contrôler ou de le réprimer.
Autrement dit,
Ne vous y attachez pas.
L'esprit va peu à peu se poser,
Se détendre.
La respiration sera de plus en plus légère.
Elle peut devenir tellement fine qu'on croirait qu'elle a disparu.
Le corps et l'esprit se sentiront légers et pleins d'énergie.
Il ne restera qu'une présence consciente,
Focalisée sur un point unique,
Là où la respiration est ressentie.
Si des pensées vous entraînent à droite ou à gauche,
Retenez votre souffle jusqu'à ce que les poumons soient sur le point d'éclater.
Arrêtez de respirer,
Le plus longtemps possible,
Et vous verrez que l'esprit reviendra de lui-même.
Une fois,
Deux fois,
Trois fois,
Retenez votre souffle,
Et puis lâchez,
Sans faire de bruit.
Il faut dynamiser l'esprit.
L'esprit est vraiment difficile à apprivoiser,
Mais ne vous laissez pas décourager.
Si vous retenez votre souffle,
Vous ne pourrez plus penser à quoi que ce soit,
Et l'esprit reviendra bien vite.
Il y a une astuce qui permet d'aider cette attention.
L'astuce consiste à laisser Sati,
C'est-à-dire l'attention éveillée,
Prendre le contrôle de la surveillance de l'esprit.
Une fois que l'esprit et l'attention ne font plus qu'un,
Une nouvelle forme de présence consciente apparaît.
L'esprit qui a développé le calme est alors protégé par ce calme,
Et dès lors,
Aucune des pensées ou des sensations qui apparaîtront dans l'esprit calme ne causeront de perturbations.
Certaines personnes ne veulent avoir aucune pensée ni aucune sensation du tout quand elles méditent,
Mais c'est allé trop loin.
Il y a des sensations qui apparaissent à l'intérieur même du calme.
L'esprit est à la fois le théâtre des sensations et du calme,
Et il n'en est pas perturbé.
Parce que ce type de calme ne peut pas avoir de conséquences néfastes.
Alors reprenez votre observation.
S'il y a une douleur,
Ne vous empressez pas de changer de posture pour autant.
Endurez patiemment jusqu'à ce que la douleur culmine,
Et puis endurez encore un peu.
Ensuite prenez l'endroit douloureux comme objet de méditation.
Concentrez-vous dessus avec intérêt,
Sans résistance.
Et puis quand la douleur atteint ses limites,
Voyez ce qui se passe.
Le Bouddha a dit que la douleur arrive toute seule et repart toute seule.
Laissez-la mourir.
Ne baissez pas les bras.
Il se peut même que vous vous mettiez à transpirer,
Mais quand vous aurez traversé pleinement une grosse douleur une fois,
Vous saurez tout de la douleur.
Alors persévérez.
Ne vous poussez pas trop,
Mais continuez simplement et régulièrement à pratiquer.
Vous observez votre respiration,
Et vous n'attendez rien.
Faites comme si rien ne devait se produire.
Comme si vous ne saviez même pas qui observe le processus de la respiration.
Mais vous continuez quand même.
C'est comme quand le fermier lance des grains de riz dans la rizière.
Il ne s'inquiète pas de l'endroit où les grains vont tomber.
Et pourtant ces grains vont germer.
Les plants de riz vont pousser,
On les transplantera,
Et on obtiendra du bon riz vert.
C'est exactement pareil avec la méditation.
Pratiquez.
Pratiquez sans vous inquiéter des résultats.
Ne permettez pas l'esprit de s'égarer.
S'il s'évade,
Arrêtez-vous.
Voyez où il est parti,
Et pourquoi il ne suit pas la respiration.
Et puis ramenez-le à l'instant présent,
Et faites en sorte qu'il reste avec la respiration.
Quand l'esprit est en paix,
Le souffle se fait plus ténu,
Et le corps se détend.
Un état d'équilibre s'installe.
Cela signifie que votre esprit est en paix.
Si vous persévérez dans cette pratique,
Il ne fait aucun doute qu'un jour vous serez récompensé de votre assiduité.
Continuez,
Tout simplement.
Ce qui vous accompagne dans cette pratique,
C'est Sati,
La force de l'attention.
Et aussi Sampadjana,
La présence à ce qui est.
Suivez les mouvements de l'esprit.
Vous devez être attentif à maintenir la présence consciente avec Sati,
Et essayez de ramener l'esprit au présent à chaque fois qu'il s'évade.
On dit ramener l'esprit,
Mais en réalité,
L'esprit ne va nulle part.
C'est seulement l'objet d'attention qui a changé.
Quand vous regagnez Sati,
En un éclair,
Vous êtes de retour à l'objet de votre attention,
À la respiration,
Sans avoir à ramener l'esprit de nulle part.
Et puis vous devez faire en sorte que l'esprit reste ici et maintenant.
En ce moment,
Vous êtes clairement conscient de la respiration.
Cet exercice d'observation de la respiration aide Sati et Sampadjana,
C'est-à-dire l'attention et la présence à ce qui est,
À se développer ensemble.
Ces deux éléments partagent le travail.
Et quand Sati et Sampadjana sont réunis,
Apparaît Panya,
La sagesse.
Et dès lors,
Ces trois éléments se soutiennent mutuellement.
Le rôle de la sagesse est d'apporter une compréhension des objets des sens.
Vous devez vous rappeler que tout est incertain,
Que rien n'est sûr.
Et cela vous permettra de maintenir une présence attentive,
À l'ici et maintenant.
Ne forcez pas la méditation.
N'essayez pas d'interpréter ce qui se passe.
Ne bousculez pas votre esprit avec des exigences irréalistes.
Pour qu'il entre dans un état de concentration profonde,
Par exemple.
Sinon,
Vous verrez qu'il sera encore plus agité et imprévisible que d'habitude.
Permettez simplement à l'esprit d'être à son aise,
D'être en paix.
Laissez la respiration se faire tranquillement,
Naturellement.
Laissez le corps se détendre,
Confortablement.
Et ensuite,
Pratiquez,
Sans relâche.
Puto Il existe des outils qui facilitent la méditation.
Il y a d'abord Metta.
Metta consiste à développer la bienveillance envers tous les êtres.
Et puis Dana,
Le don,
La générosité qui ouvre le cœur.
Et enfin Sila,
Qui consiste à avoir un comportement sain et honnête dans la vie.
Pour méditer correctement,
Il faut qu'il y ait dans votre cœur des qualités de générosité,
De gentillesse et d'entraide,
Qui servent de base à une pureté mentale.
Il est important que vous soyez clair avec vous-même.
Vous devez savoir que les bonnes actions entraînent de bons résultats,
Et les mauvaises actions de mauvais résultats.
C'est là la cause de tout ce qui vous rend heureux ou malheureux au quotidien.
Lorsque notre comportement est bon et vertueux,
Apparaît un sentiment de bonheur,
De contentement.
On se sent libre de tout souci et de tout remords.
C'est un état presque divin.
Essayez.
Essayez d'avoir un comportement vertueux.
Essayez de vous libérer de l'égoïsme.
Essayez de souhaiter le bien à tous les êtres.
Essayez de pratiquer la méditation avec constance et continuité,
Régularité.
Mais ne soyez pas pressé.
Pratiquez de manière régulière et continue,
Et votre attention deviendra ininterrompue,
Comme un cours d'eau.
Que vous soyez debout,
En train de marcher,
Assis ou allongés,
Quoi que vous fassiez,
Cette présence consciente,
Ce qui sait,
Veillera sur vous.
Dédions à présent le mérite de cette méditation à toutes les personnes qui nous sont chères,
À tous ceux qui souffrent,
À tous les êtres.
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4.8 (62)
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